Mon paradis perdu? Chapitre 1: la violence.

La violence est toujours là, qui gangrène insidieusement la société martiniquaise.

Cette violence qui fait chaque jour des blessés, des morts (violence routière, violence physique, morale, etc…) Mais arrêtons nous sur les violences physiques, cette violence pernicieuse faites aux Hommes dans la plus grande banalité. Elle s’affiche en une de l’actualité quotidienne nationale et régionale avec son lot de faits divers.

Face à ce phénomène exponentiel, les autorités préfectorales de la Martinique ont décidé de reconduire à l’instar de la Guadeloupe qui avait initié le mouvement, l’opération « déposez les armes ».

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Seulement à la différence de Los Angeles où la Mairie vous offre des bons d’achats de 100 et 200 dollars en fonction de la taille de l’arme que vous échangez, la Préfecture de Martinique vous donne comme seul choix, celui de ne pas être poursuivi par la justice pour « détention d’armes illégales ».

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Nous avons pu assister sur les médias locaux et même nationaux, à un encensement de l’opération 2014 qui vantait le succès total de la dite opération. Même la Ministre de l’Outre-Mer avait fait le déplacement pour cette communication médiatique et cette présentation théâtrale des armes récupérées. Une fanfaronnade à mon avis quand seule une centaine d’armes a été recueillie alors que des milliers en circulent impunément sur l’île.                                                                                                                                                             Et surtout quand on connait le profil des personnes venues remettre leur armes (comme j’ai tendance à dire ironiquement: des fusils à baïonnette de la première guerre mondiale grippés et rouillés). S’il est vrai que ce sont essentiellement des personnes d’un certain âge qui viennent déposer des héritages encombrants, incités par une propagande « anti cambriolage » (la rengaine: « si vous remettez vos anciens fusils, les cambrioleurs ne pourront pas s’en emparer »), qu’en est-il des jeunes décérébrés et délinquants détenteurs de calibres destructeurs et qui s’exhibent dans des vidéos reprenant tous les stéréotypes et les clichés des cités malfamées de la France métropolitaine et des États-Unis?                                                                             Vous croyez vraiment qu’ils se sentent visés et concernés par cette campagne? Au final, beaucoup de bruit pour rien et beaucoup d’aire brassé pour pas grand chose!

Nos politiques et nos institutions gouvernementales sont des habitués des déclarations pompeuses sans effets réels malheureusement, car au quotidien c’est le citoyen lambda qui vit et subit la violence.

Même les forces de l’ordre censées représenter l’autorité et la crainte du délit ne sont plus respectées et subissent elles-aussi la violence de plein fouet. Des secouristes neutres qui sauvent des vies sont visés par des actes délictueux par ses mêmes individus sordides qu’ils sont amenés à sauver lors de règlements de compte.

J’en veux pour preuve ce fait divers qui m’a personnellement touché: un VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance aux Victimes) des pompiers qui a été touché par balle lors d’une intervention il y a deux semaines.

L’histoire est cruellement banale: deux voitures qui se croisent sur une route, aucun des deux automobilistes ne voulant céder pour l’autre, le ton qui monte et la situation qui dégénère quand l’un des deux protagonistes sort une arme détenue illégalement et commence à tirer sur l’autre qui voulant échapper aux tirs, court en zigzag; une balle atteint le pare brise des pompiers qui en explosant les blesse au visage et aux bras.

Le tireur présumé a été appréhendé quelques jours plus tard et sera jugé en Février.

Aucune prévention, aucune répression ne fait peur aux bandits et même la perspective de se retrouver enfermés dans une prison immonde et inhumaine ne les arrête pas! C’est la course au fait divers le plus violent et à la surenchère.

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Comment expliquer un tel déchainement de violence?

Nous tacherons d’expliquer une partie du phénomène dans le chapitre 2.

La société martiniquaise est vraiment malade et comme je l’avais déjà évoqué dans un article précédent, elle tente de se soigner mais avec des médicaments périmés.

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Matinina
Jeune Martiniquaise qui vous fera partager sa vision non édulcorée et réaliste de son île, entre espoirs et désillusions.

2 réflexions au sujet de « Mon paradis perdu? Chapitre 1: la violence. »

  1. La Martinique est donc devenue un genre de Far-west? (C’est drôle, avec le titre « Paradis perdu », j’ai cru que c’était une référence à John Milton, mais non…)
    Cette série d’articles va être une intéressante introspection (ou autopsie?) de cette société que tu décris comme « malade ». Vivement le prochain billet.

    • Au moins du temps du Far-west il y avait un code d’honneur ou des raisons pour les litiges. Mais là, pour un regard, un parole……. Il faut faire attention (sans évidemment tomber dans la paranoïa) à soi et au comportement des autres. Les raisons de ce malaise et ce mal être sont multiples et je tâcherai au fur et à mesure de mes billets, d’apporter des pistes de réflexion.

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