Mon paradis perdu? Chapitre 1: la violence.

La violence est toujours là, qui gangrène insidieusement la société martiniquaise.

Cette violence qui fait chaque jour des blessés, des morts (violence routière, violence physique, morale, etc…) Mais arrêtons nous sur les violences physiques, cette violence pernicieuse faites aux Hommes dans la plus grande banalité. Elle s’affiche en une de l’actualité quotidienne nationale et régionale avec son lot de faits divers.

Face à ce phénomène exponentiel, les autorités préfectorales de la Martinique ont décidé de reconduire à l’instar de la Guadeloupe qui avait initié le mouvement, l’opération « déposez les armes ».

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Seulement à la différence de Los Angeles où la Mairie vous offre des bons d’achats de 100 et 200 dollars en fonction de la taille de l’arme que vous échangez, la Préfecture de Martinique vous donne comme seul choix, celui de ne pas être poursuivi par la justice pour « détention d’armes illégales ».

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Nous avons pu assister sur les médias locaux et même nationaux, à un encensement de l’opération 2014 qui vantait le succès total de la dite opération. Même la Ministre de l’Outre-Mer avait fait le déplacement pour cette communication médiatique et cette présentation théâtrale des armes récupérées. Une fanfaronnade à mon avis quand seule une centaine d’armes a été recueillie alors que des milliers en circulent impunément sur l’île.                                                                                                                                                             Et surtout quand on connait le profil des personnes venues remettre leur armes (comme j’ai tendance à dire ironiquement: des fusils à baïonnette de la première guerre mondiale grippés et rouillés). S’il est vrai que ce sont essentiellement des personnes d’un certain âge qui viennent déposer des héritages encombrants, incités par une propagande « anti cambriolage » (la rengaine: « si vous remettez vos anciens fusils, les cambrioleurs ne pourront pas s’en emparer »), qu’en est-il des jeunes décérébrés et délinquants détenteurs de calibres destructeurs et qui s’exhibent dans des vidéos reprenant tous les stéréotypes et les clichés des cités malfamées de la France métropolitaine et des États-Unis?                                                                             Vous croyez vraiment qu’ils se sentent visés et concernés par cette campagne? Au final, beaucoup de bruit pour rien et beaucoup d’aire brassé pour pas grand chose!

Nos politiques et nos institutions gouvernementales sont des habitués des déclarations pompeuses sans effets réels malheureusement, car au quotidien c’est le citoyen lambda qui vit et subit la violence.

Même les forces de l’ordre censées représenter l’autorité et la crainte du délit ne sont plus respectées et subissent elles-aussi la violence de plein fouet. Des secouristes neutres qui sauvent des vies sont visés par des actes délictueux par ses mêmes individus sordides qu’ils sont amenés à sauver lors de règlements de compte.

J’en veux pour preuve ce fait divers qui m’a personnellement touché: un VSAV (Véhicule de Secours et d’Assistance aux Victimes) des pompiers qui a été touché par balle lors d’une intervention il y a deux semaines.

L’histoire est cruellement banale: deux voitures qui se croisent sur une route, aucun des deux automobilistes ne voulant céder pour l’autre, le ton qui monte et la situation qui dégénère quand l’un des deux protagonistes sort une arme détenue illégalement et commence à tirer sur l’autre qui voulant échapper aux tirs, court en zigzag; une balle atteint le pare brise des pompiers qui en explosant les blesse au visage et aux bras.

Le tireur présumé a été appréhendé quelques jours plus tard et sera jugé en Février.

Aucune prévention, aucune répression ne fait peur aux bandits et même la perspective de se retrouver enfermés dans une prison immonde et inhumaine ne les arrête pas! C’est la course au fait divers le plus violent et à la surenchère.

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Comment expliquer un tel déchainement de violence?

Nous tacherons d’expliquer une partie du phénomène dans le chapitre 2.

La société martiniquaise est vraiment malade et comme je l’avais déjà évoqué dans un article précédent, elle tente de se soigner mais avec des médicaments périmés.

PAU LANGEVIN, le déshonneur de la Ministre des Outre-Mers

La Ministre des Outre-Mers et le Président de la République ont sali la mémoire des millions d’esclaves morts pendant la traite négrière, en légitimant que leur déportation n’était pas vouée à leur extermination mais juste à enrichir les esclavagistes et était de moindre importance que le crime commis envers le peuple juif…

Analyse de déclarations honteuses.

Monsieur HOLLANDE vous avez déclaré que « la Shoah est le plus grand crime, le plus grand génocide, jamais connu ». Vous n’aurez droit dès lors qu’au mépris de mon silence… Votre hypocrisie nauséabonde parlera pour vous et vos sbires les 9 et 10 mai prochains.                                                               Il m’était déjà difficile de comprendre le pourquoi du 10 mai en date de commémoration de l’abolition de l’esclavage, car chaque institution y va de sa date; la France le 10 mai, l’ONU le 2 décembre alors que chaque département d’outre-mer concerné par l’Histoire commémore ce fait d’importance aux dates de promulgation des différentes abolitions: la Martinique le 22 mai, la Guadeloupe le 27 mai, la Guyane le 10 juin et la Réunion le 10 décembre. Avec votre déclaration je me sens blessée et désavouée dans ma chair d’afro-descendante d’esclave…

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Bref, passons à la traitresse proprement dite, Georges PAU LANGEVIN. Avec votre sortie sur la lettre ouverte de Madame Joëlle URSULE qui dénonce la hiérarchisation des crimes contre l’humanité commis envers les Juifs et les Noirs déportés en esclavage faite par Mr HOLLANDE, vous êtes une insulte pour la mémoire de vos ancêtres et de tous les Antillais qui eux n’oublient pas et se font  ce devoir de mémoire.

Nous devons déjà subir sans se plaindre, le peu de cas fait de notre histoire dans les dits livres d’histoire qui nous apprennent savamment « nos ancêtres les Gaulois », mais en plus nous devons assister sans bondir à la déclaration inculte de la ministre des « Outre-Mers ». Êtes-vous seulement allée sur les bancs de l’école « républicaine »? La Shoah n’est pas la déportation des seuls Juifs! Avez-vous oublié que des milliers de noirs ont péri et été déportés eux aussi vers les fours crématoires dans les camps d’extermination? Je vous somme de lire « Sombres bourreaux », « Paroles d’esclavage », « Noirs dans les camps nazis » et « Singe » (celui là c’est un bonus pour votre bêtise) de Monsieur Serge BILE pour que jamais de telles absurdités ne sortent plus jamais (encore une fois) de votre bouche. Et ci ce n’est déjà fait, relisez et faites vous expliquer « Peaux noires et masques blancs » de Frantz FANON.

Vous n’imaginez même pas la colère qui bouillonne en moi chaque fois que je constate que des personnes comme « vous », mes soi-disant « frères et sœurs » piétinent allègrement la mémoire de mes aïeux, au seul prétexte de vouloir plaire et se fondre dans une masse qui vous fait perdre vos valeurs, vos traditions, votre culture (pourtant ancrés dans le paysage national) et finalement votre âme. Si vous oubliez d’où vous venez, je ne vois pas à quel futur vous pouvez prétendre?!

Vous n’avez aucun respect pour votre propre famille et vous souffrez indéniablement d’Alzheimer « culturale-historique ».

Il y a longtemps que je n’attends plus rien des divers gouvernements de gauche ou de droite qui se succèdent car j’ai compris dès ma petite enfance qu’il fallait aliéner notre identité profonde au seul profit de l’Histoire de la « mère patrie » et de son histoire coloniale.

Apparemment votre cerveau s’est noyé dans le marasme et les déjections marécageuses de votre « maître colon » (car oui votre esprit est resté enchainé). La traite négrière a déporté, expatrié et tué plus de 17 millions d’africains mais ce n’est qu’un vulgaire détail de l’histoire…

Je ne me suis jamais reconnue dans aucun ministre de l’Outre-Mer mais vous, vous me désolez particulièrement car auriez pu (aux vues de votre vie passée) sortir du lot. En fait j’ai pitié de vous, car « vous êtes le jouet au carnaval des autres » comme dirait Aimé CESAIRE (lisez le aussi, cela vous fera du bien intellectuellement). Vous êtes le pantin de la République dont les mots sont dictés par un chef tout aussi insultant et ignare que vous.

A défaut de pouvoir vous instruire en vous imprégnant des auteurs afro-antillais connus et reconnus dans le Monde, je vous enjoins Georges PAU LANGEVIN à demander conseils à Madame TAUBIRA qui vous lira et relira la loi n°2011-434 du 21 mai 2001 reconnaissant les traites et l’esclavage comme crime contre l’humanité.                                                            Morceau choisi, article 1er:

« La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. »

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En conclusion, j’espère que vous n’aurez pas l’indécence de vous montrer à l’inauguration du Mémorial ACTe par respect pour mes ancêtres qui ne sont pas les vôtres. Il serait temps de vous libérer de vos chaines…

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Sombre France… Il n’y a plus de liberté

La liberté, la pensée sont en danger.

Pas d’image, pas de photo, pas de style…

Juste la force de mes mots, ma liberté de pensée et la passion d’écrire.

Écrire et dessiner sont des exutoires, un moyen d’expression, la liberté de partager ses opinions dans le respect d’autrui, des moyens privilégiés de faire partager au plus grand nombre notre vision du Monde.

 

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Mais où va ce Monde, si ce n’est dans le gouffre…

J’écris avec les larmes, la rage au ventre et la peur qui devraient caractériser tout être humain conscient que la vie est précieuse et sacrée. Comment continuer à vivre dans une société qui banalise autant la violence, qui banalise et se repaît autant du racisme, de la haine, de l’antisémitisme, de l’obscurantisme, sous prétexte d’une fallacieuse liberté d’expression qui donne un blanc-seing aux plus sombres bourreaux, rebuts et ignominies de l’humanité ?

Certains ne comprendront décidément jamais la limite entre la liberté d’expression et l’irrespect, la violence, la stigmatisation de l’autre à cause de sa religion, sa couleur de peau, son orientation sexuelle (cette expression me défrise…), sa catégorie sociale ! Des fous !

Je ne perdrai pas mon âme à blâmer une religion en particulier, car quand je constate que depuis des siècles des illuminés, des malades, tuent, s’entretuent et asservissent au nom des religions. Cela me donne de plus en plus envie de sortir de la masse et me fait perdre le peu de foi qui me restait en l’humanité et plus encore…

Ma foi est ébranlée… Elle l’est déjà depuis toutes ces années de guerre dans des pays où la vie même d’enfants est sacrifiée au nom d’intérêts bassement économiques, de Dieu, de Yahvé, d’Allah, etc.

Ma foi est ébranlée quand j’apprends que tu te lèves le matin pour aller faire ton travail et diffuser au Monde ta vision critique de la société et que tu ne rentreras pas le soir, car tu t’es fait tuer par des écervelés sans conviction, mais au combien stupides qui ne font pas la différence entre l’humour noir, la caricature et la réalité.

Le Monde est-il trop « mondial » ? Devons-nous nous replier sur nous-mêmes, devons nous fermer nos frontières, nous retrancher dans nos pays d’origine et nous fermer aux autres cultures, aux autres pour ne pas risquer notre vie ?

Je me disais citoyenne du Monde, car baignée depuis ma plus tendre enfance par toutes sortes de cultures, élevée par des « intellectuels » qui m’ont appris que la force est dans l’autre et le partage et non pas dans le repli. Contrairement à la tradition martiniquaise, mes parents (qui se sont vus fustigés pour cet acte) ne m’ont pas baptisée, me laissant le choix de ma religion… A ce jour, je suis toujours officiellement athée, mais profondément humaine.

J’avais foi en un être, une force supérieurs, mais aujourd’hui ma foi est ébranlée…

 

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En ce jour sombre, nous sommes tous des journalistes, des dessinateurs, des policiers, des citoyens… Paix et force à Charlie Hebdo et à tous ceux tombés sous les balles et la barbarie des extrémistes et fanatiques !

La Démocratie vacille et la Presse est en danger…

La colère, la tristesse, la peur laissent place peu à peu au dégoût…

Le COSETTE, scandale et honte écologiques: océanisation d’un transporteur de déchets toxiques.

La Martinique est belle, pourtant le Mardi 4 Novembre, le Préfet a décidé de faire de ses eaux une poubelle sous-marine au mépris de la biodiversité locale et du respect de l’environnement. Quid des promesses de créer une filière de démantèlement des épaves maritimes? Quid de la visite de Mme ROYAL (ministre de l’écologie) et de ses engagements écologiques? Quid des aires maritimes protégées? Quid du respect de la population?

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Le 4 Novembre, les Martiniquais étaient réveillés par un communiqué de la Préfecture qui annonçait l’immersion imminente du navire «le Cosette» (navire poubelle) aux larges des côtes, car celui-ci menaçait de sombrer dans le Port de Fort-de-France. Cette solution dite d’urgence a été prise à l’aube lors d’une réunion de crise invoquant le motif de «péril imminent» défini par l’article L211-5 du code de l’environnement.                                                                                                                                                                                                                                                                             Sachant que ce navire était à l’abandon à quai, depuis 4 ans, pourquoi avoir attendu la dernière minute et une situation soi-disant de danger imminent, pour trouver au final une solution irrespectueuse de l’environnement et de la biodiversité marine? Serait-ce un mensonge d’Etat.                                                                                                                                                                                               Sachant aussi que la veille le préfet s’était argué sur les ondes locales d’avoir commandé à une société spécialisée un remorqueur qui devait rapatrier le Cosette en France pour son démantèlement.

Le communiqué du Préfet:

«Dans la nuit, les services du Grand Port Maritime de la Martinique, ont alerté la préfecture d’un importante dégradation de l’état du Cosette et de l’aggravation des infiltrations d’eau.

Ces éléments ont incité le directoire du Grand Port à proposer au préfet le déplacement sans délai du navire hors des limites administratives du Port.

Sur la base de ces informations, le préfet a tenu une réunion sur site dès 5H ce matin, avec tous les acteurs et les experts, suite à laquelle il a donné son accord à la sortie du Port et a décidé de mettre en œuvre la procédure d’immersion, ultime recours en cas de péril grave et imminent.

En application des règles de l’article L218-45 du code de l’environnement et conformément aux engagements internationaux de la France dont elles font application, cette solution s’impose devant le danger grave et imminent que représente le naufrage du Cosette.

Cette immersion contrôlée intervient alors même qu’était prévue l’arrivée d’un bateau semi-submersible transporteur de bateaux dans une dizaine de jours, solution jusqu’alors retenue par l’Etat.»

Historique du Cosette.

Le Cosette (ex Zanoobia) et son équipage ont été abandonnés en 2010 par leur capitaine et le propriétaire du navire au Port de Fort-de-France. Les marins étrangers y ont été laissés sans moyen matériel, sans argent et dans une situation inhumaine qui a poussé l’Etat français à les prendre en charge et à les rapatrier dans leur pays d’origine. (A ce jour, l’armateur et le propriétaire n’ont toujours pas été inquiétés par la justice et couleraient des jours paisibles en Floride).                                                                                                                                                                                              Suite à cette situation ubuesque, l’Etat a engagé une procédure de déchéance de propriété pour acquérir le fameux navire et pouvoir prendre les décisions découlant de son pourrissement sur place.  Le Cosette a pendant des décennies, transporté des déchets toxiques provenant des pays européens, sur les mers du monde et a été recalé à l’entrée de plusieurs ports jusqu’à ce qu’il arrive en Martinique. Il est à l’origine de la convention de Bâle (mouvements des déchets dangereux à travers la planète) signée le 22 Mars 1989 qui a mis en exergue la mondialisation des déchets toxiques et leur circulation sur les océans.

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Ces épaves qui polluent les eaux et le paysage martiniquais.

Entre le Master Endeavour que le Préfet de l’époque avait décidé en 2008 d’océaniser, le Cosette abandonné en 2010 et le Lady Grace II abandonné en 2008, les autorités avaient compris l’urgence début 2014 de créer une filière de démantèlement de ces navires poubelles.                                                                                                                                                                                                 Les collectivités, services de l’Etat et le Grand Port ont émis le souhait d’une nouvelle source d’emplois qui auraient permis à de nombreux chômeurs (21% de chômage dans l’île) de travailler dans une branche innovante et de participer à l’élimination de ces déchets visuels, écologiques et encombrants.                                                                                                                               Malheureusement ce fut un vœu pieux de l’ancien cabinet du Préfet et le 4 Novembre, le Cosette a été volontairement coulé.

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Touché-Coulé

Au petit matin de ce jour «maudit» pour tous les défenseurs de la nature, le Préfet invoquant le principe de «péril imminent» coule le Cosette (article L211-5 du code de l’environnement: «Le Préfet et le maire intéressés doivent être informés, dans les meilleurs délais par toute personne qui en a connaissance, de tout incident ou accident présentant un danger pour la sécurité civile, la qualité, la circulation ou la conservation des eaux. […] En cas de carence, et s’il y a un risque de pollution ou de destruction du milieu naturel, ou encore pour la santé publique et l’alimentation en eau potable, le préfet peut prendre ou faire exécuter les mesures nécessaires aux frais et risques des personnes responsables.»)                                                                           Que s’est-il passé?                                                                                                                                                                                                                                                                                             En octobre, les services concernés envisageaient une solution venue de l’extérieur avec l’acheminement du Cosette vers un port d’Europe adapté, vraisemblablement la France, par un submersible rompu à ce genre d’exercice. La solution était encore évoquée le 3 Novembre au soir, et soudainement la voie d’eau observée depuis le mois d’octobre, se serait brutalement agrandie laissant présager le pire dans le Port?                                                                                                                                                                                                                                                                                             Il n’en reste pas moins qu’arrimé au remorqueur Chieften, il a été emmené à 30 km des côtes du Prêcheur (commune du nord caraïbe de la Martinique) et coulé par 3000m de fond.

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Promesses environnementales non tenues

Dans son plan d’action des chantiers prioritaires présenté le 25 avril 2014, voilà ce que le Ministère de l’Ecologie prévoit par l’intermédiaire de Mme Ségolène ROYAL:                                  

Protéger et reconquérir l’eau, la biodiversité, les paysages                                                                                                                                                                                                               -Examen au Parlement du projet de loi sur la biodiversité                                                                                                                                                                                                                      -Lancement des travaux de création de l’agence française pour la biodiversité

Face à une situation aussi grave une visite de la Ministre aurait été de bon ton, cependant comme beaucoup de politiques locaux et nationaux, la population s’est retrouvée soit face à un silence assourdissant ou des explications bafouillées et sans conviction.                                                                                                                                                                                                               Qu’en est-il des décisions actées par le gouvernement en 2008 lors du Grenelle de la Mer, de développer en priorité des filières de démantèlement de navire, spécialement en Outre-Mer?

Les Préfets successifs, représentants de l’Etat, Messieurs Laurent PREVOST et Fabrice RIGOULET-ROZE n’ont pas fait le choix judicieux et logique d’accélérer les procédures pour éviter ce genre de scandale écologique.

Où est la cohérence quand l’Etat français se félicite de détenir la plus grande superficie maritime avec des fonds marins riches d’une biodiversité marine sans pareil? Où est la cohérence quand Mesdames les ministres de l’écologie et de l’outre-mer viennent en visite avec des promesses qui se révèlent être du vent? Le Préfet est-il vraiment concerné par le présent et l’avenir de la Martinique ou n’est-il qu’en représentation? Pire! Alors que la Martinique a déposé un dossier de candidature pour inscrire certains de ses sites au patrimoine mondial de l’UNESCO, que peut-on penser de la gestion plus que légère et irréversible de cette catastrophe annoncée?

Les aires marines protégées

La Martinique s’inscrit dans le cadre des aires marines protégées définies par l’ASR (Analyse Stratégique Régionale) qui a pour but d’émettre des propositions visant à sanctuariser et régir des espaces maritimes dont la biodiversité doit être sauvegardée.            

Le Cosette a été coulé dans le secteur de l’îlet la Perle (commune du Prêcheur), une des aires inscrite dans le rapport de l’ASR Il s’agit d’un petit secteur formé par un rocher géographiquement isolé à l’extrême nord de l’île et soumis à de forts courants, un haut fond et des petits herbiers adjacents. L’ensemble, de petite taille mais en bon état, abrite une faune et une flore mal connues dont quelques espèces remarquables. Le rocher est un candidat intéressant au développement de particularités faunistiques (éloignement et courants). Plusieurs sites de ponte de tortue imbriquée subissant peu de pressions.                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Il y a peu de pressions en dehors des jets d’ancre des bateaux de plongée, mais une forte pression de pêche sous marine. Les enjeux y sont patrimoniaux et portent sur l’acquisition de connaissance sur la biodiversité des communautés marines. Il faut absolument maintenir l’intégrité des communautés en les préservant de toute pollution, en organisant les mouillages et en respectant la tranquillité et l’intégrité des sites de ponte (tortues et pélicans).

Les réactions

Elles ont été nombreuses. Les associations écologiques et de politiques concernées par le secteur d’océanisation du Cosette sont montés au créneau.

Parmi elles, l’ASSAUPAMAR et l’écologue Mr Garcin MALSA (Président du Centre Caribéen du Développement Durable et Solidaire). Ils ont décidé de porter plainte contre l’Etat. Selon Mr LOUIS-REGIS (Président de l’ASSAUPAMAR), «c’est un crime avec pré-méditation, n’hésite pas à affirmer Henri Louis-Régis, car le préfet a essayé de nous leurrer en annonçant la veille avoir trouvé une solution pour démanteler le navire. Et le lendemain matin, la logistique est prête pour le couler ? C’était forcément prémédité!»

Le Maire du Prêcheur, Mr Marcellin NADEAU a réuni exceptionnellement le Conseil Municipal afin de délibérer et de soutenir le collectif de citoyen militant pour que la mer ne soit pas une poubelle. Cette réunion a rassemblé des élus de la commune voisine de Saint-Pierre, des marins pêcheurs et élus du comité des pêches de la Martinique. A l’issue de cette réunion, le Maire estera en justice pour dénoncer l’immersion du Cosette et demandera au Ministère de l’Ecologie de financer une étude d’impact de cette immersion dans les eaux du Nord caraïbe. Il déclare «une agression contre notre écosystème marin, contre la ressource halieutique dont dépendent nos familles de marins-pêcheurs», et accuse : «avec notre population, nous avons fait le choix d’apporter notre contribution à la préservation de la biodiversité, notamment par notre implication en faveur de la réserve marine régionale. Aujourd’hui, cet effort subit un véritable camouflet à travers votre décision.»

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Des rassemblements spontanés et citoyens ont eu lieu les 11 et 15 Novembre devant la Préfecture.    

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                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Un comité contre l’immersion du Cosette a vu le jour au lendemain de l’océanisation et a pu rencontrer le directeur de cabinet du préfet. Voici le résumé fait par ce collectif de son entrevue:

«Vous étiez présents par vos messages ou votre mobilisation pour soutenir la cause « Pour que le Cosette soit le dernier » et nous vous en remercions. Nous avions à cœur de vous faire un retour plus précis de notre rencontre avec le Directeur de Cabinet du Préfet. Nous lui avons posé de nombreuses questions et entre autres : Nous lui avons demandé, plus de transparence sur les circonstances qui ont poussé à prendre cette décision. (les délais ont-ils été respectés, quelles autres possibilités ont été envisagées, qui a été consulté en amont…). Mais nous lui avons aussi demandé plus de transparence au sujet de la dépollution du dit navire qui aurait été effectuée bien avant l’immersion (selon ses affirmations). Notamment la publication des certificats de dépollution évoqués par la ministre des Outre-mer. Nous avons tenté d’approfondir la question des autres possibilités qui avaient été envisagées. Enfin, nous lui avons demandé des engagements pour l’avenir ( à plusieurs reprises) : • que cela ne se reproduise plus sur notre territoire ; • que le Lady Grace notamment mais aussi les 300 autres navires à l’abandon ne subissent pas le même sort que le Cosette. Qu’ils soient traités, démantelés. Le Directeur du Cabinet a retracé les faits et avancé ses arguments concernant ce choix, qui selon lui était le plus opportun. Nous ne partagions pas son point de vue. Il ne s’est concrètement engagé sur aucun point. Toutefois, il a précisé que la préfecture soutiendrait dans un futur proche la filière de démantèlement de navires de pêches et de plaisance en Martinique. Il a, en outre, précisé que plus de communication serait envisagé concernant tout ce qui entoure l’affaire du Cosette. Nous lui avons transmis notre adresse e-mail, toutefois à l’heure actuelle nous sommes toujours en attente de retour. Notre action a eu pour but, de faire savoir que des citoyens pouvaient se mobiliser et restaient vigilants afin que de telles méthodes ne soient plus employées dans nos eaux. Le combat continue via, d’une part les actions juridiques menées par les associations écologistes et d’autre part la mobilisation du collectif « Pour que la mer ne soit pas une poubelle » rassemblant, associations, comité de pêche et municipalités, Samedi 15 novembre. Enfin, nous resterons vigilants grâce aux réseaux sociaux et la participation de chacun d’entre nous, car à l’heure actuelle, PERSONNE n’est en mesure de quantifier les dommages écologiques que cette immersion provoquera dans le futur et sur notre population et notre territoire. Alors « POUR QUE LE COSETTE SOIT LE DERNIER », restons mobilisés.»

Par ailleurs, en application des articles 137 et suivants du règlement de l’Assemblée Nationale, le Député Alfred MARIE-JEANNE, mécontent de cette situation, a demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire, chargée:

  • D’examiner les conditions dans lesquelles la décision d’immerger le Cosette a été prise.

  • De faire la lumière et d’informer la population martiniquaise sur l’état de dépollution avant son immersion de ce navire poubelle ayant transporté par le passé des déchets toxiques et dangereux.

  • D’évaluer l’impact sur la flore et la faune marines de la zone Nord Caraïbe et plus largement sur l’ensemble du littoral de la Martinique.

  • De mesurer les conséquences sur les activités de la pêche et de l’aquaculture dans les zones concernées.

  • D’examiner toutes les situations pouvant garantir la bonne qualité des eaux au large de Saint-Pierre et du Prêcheur.

L’avenir

Réunis en séance plénière le jeudi 13 novembre 2014, les conseillers régionaux ont adopté à l’unanimité une motion relative au navire le «Cosette», coulé au large de Saint-Pierre et du Prêcheur le 4 novembre dernier. Elle rappelle la nécessité de mettre en place une filière de démantèlement des navires. Les élus exigent par ailleurs que l’Etat assure la surveillance de la zone d’immersion.

La motion

  • Considérant l’arrivée le 16 janvier 2010 en rade de Fort de France, du navire le COSETTE, navire roulier de 99 mètres de long , battant pavillon bolivien, propriété d’un armateur américain, affrété par l’association haïtienne de Martinique pour un chargement de voitures d’occasions à destination d’Haïti

  • Considérant que le navire le Cosette a été mis le 20 octobre 2014 sous surveillance pour des raisons sanitaires.

  • Considérant que sa situation s’est dégradée en dépit d’une volonté des services de l’Etat, de la Région, du Grand Port de Martinique et des industriels de permettre un démantèlement du navire.

  • Considérant que dans ce contexte, les services de l’Etat ont mis en demeure le propriétaire de faire cesser l’état d’abandon.

  • Considérant que le 1er novembre 2014 la règlementation internationale a prononcé la déchéance des droits de propriété.

  • Considérant que la dégradation rapide du navire a nécessité une intervention d’urgence de maintien à flot

  • Considérant que l’état de pollution du navire était constaté et que les préconisations règlementaires ont été mises en place et exécutées.

  • Considérant que le Préfet de Martinique avec tous les experts et acteurs ont décidé de mettre en œuvre la procédure d’immersion contrôlée, ultime recours en cas de péril grave imminent.

  • Considérant le risque de naufrage imminent que représentait ce navire dans le port de Fort de France,

Les élus du Conseil Régional regrettent l’absence d’une filière de démantèlement sur le territoire martiniquais conduisant au choix de l’immersion, pour éviter le blocage du port; soutiennent la mise en place d’une filière de démantèlement de navire initiée en avril 2013 par le conseil régional par le biais de chantiers d’insertion; exigent la surveillance sanitaire du site, et une évaluation des conséquences de l’immersion sur l’environnement.

Une filière de démantèlement                                                                                                                                                                                                                                                                    Cette problématique n’est pas nouvelle. L’Etat reconnaît depuis des années la nécessité de construire cette filière de démantèlement correspondant aux problématiques locales, notamment celle des épaves de navires de plaisance. Apparemment le Cosette n’aurait pas pu être démantelé en Martinique, en tout cas pas avec les infrastructures actuelles. Le bassin de Radoub est le seul à pouvoir prendre en charge un navire de 100 mètres de long et 17 mètres de large. Cependant le bassin faisant 22 mètres de large, la manœuvre d’approche aurait été trop difficile et périlleuse, selon des experts, le Cosette n’ayant aucun système de propulsion. Le temps aussi est un facteur. Son démantèlement aurait pris environ deux ans, alors que le bassin a des contrats avec plusieurs clients jusqu’en 2018, le Cosette aurait donc bloqué l’infrastructure jusqu’en 2016…

Le démantèlement est une vraie filière d’emplois qui exige des connaissances, les compétences existent ainsi que l’équipement mais les fonds publics et privés n’y sont pas. L’Etat qui a été sollicité par plusieurs entreprises a jugé ce dossier trop onéreux. Partant de ce principe, les épaves ont encore un bel avenir de pollution dans les eaux martiniquaises.

En définitive, 200 à 300 épaves ne bougeront pas dans les années à venir et beaucoup de questions demeurent. Pour quelles raisons le Cosette est-il resté amarré au Port de Fort-de-France pendant 4 ans? Le Cosette a t-il été vraiment dépollué (à ce jour, la Préfecture sous la pression de la rue et à la demande de la Ministre des Outre-Mer a mis les certificats de dépollution à disposition du public: mais on ne peut ni les photocopier, ni les photographier et encore moins les sortir de la Préfecture)? Les actions judiciaires des associations porteront-elles leurs fruits? Pourquoi l’océanisation et pas une autre solution? Quelles sont les conséquences sur l’environnement? Et pourquoi un tel silence des autorités qui n’ont fini pas réagir pour certaines que sous la pression de la rue?

Affaire à suivre…

Anomalie sociale et sociétale (moi et encore moi…)

Je suis une anomalie : 34 ans, farouchement célibataire et sans enfant. Jeune femme indépendante, heureuse, épanouie et jouisseuse de la vie… Oh Mon Dieu ! Comment fait-elle dans la société actuelle, direz-vous ?

Et alors ? Vous parlez d’une anormalité. Et pourtant la société bien pensante vous montre du doigt.  » Tu es stérile?  Tu n’as pas trouvé l’amour ?  » Chuchotage…  » Elle doit être difficile !  »

Je vous rassure, mon ventre est fertile, je ne suis pas froide et je suis couverte d’amour. Je vis mon statut merveilleusement bien et n’envie celui de personne. Pourquoi vouloir faire comme tout le monde ou comme le poids de la famille vous l’imposerai t? Je suis jeune, je me considère comme étant très jeune. Donc ça va, pas de stress, ma DLF (Date de limite de fertilisation) n’est pas encore arrivée. Et puis je n’ai qu’à congeler mes ovules si l’instinct maternel prend son temps pour arriver. Mais va au rythme de la tortue, je ne suis pas pressée et surtout je ne veux pas grossir les statistiques des  » accidents « . Dialogue imaginaire et vraiment improbable:  » dis maman comment j’ai été conçue?  » (Car oui si j’ai un enfant un jour, ça sera une fille! Je n’en démords pas, ce n’est pas négociable!) Réponse gênée :  » Euhhhh….. J’étais saoule ou j’avais une gastro et j’ai vomi ma pilule.  »                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       Enfin bref, la nana n’est pas prête. Je ne suis pas un monstre, mes amies, copines et collègues ont des enfants et je les aime beaucoup; j’ai même un beau-fils (le fils de mon ami). Mais vous savez ce que j’apprécie en rentrant chez moi ? Le silence, la volupté des grasses matinées… Même mon chien s’est calé sur mon rythme et a compris qu’il ne fallait pas aboyer de façon intempestive.                                                                                                                  Peut-être qu’un jour… Qui sait ? Mais bon, ne rêvez pas!

Pauvre Mémé (ma grand-mère), je pense à elle… Je ne suis pas un cadeau, je ne participe pas au renouveau de la famille… La nouvelle génération ? Ne comptez pas sur moi!

Je suis une égoïste finie et je l’assume parfaitement ! Je veux pouvoir sur un coup de tête prendre ma valise et partir à l’autre bout du monde sans avoir à me soucier de qui que ce soit ni rendre des comptes à qui que ce soit. Je veux pouvoir profiter en dehors des périodes de vacances scolaires, quand les plages, les hôtels et les lieux touristiques n’appartiennent qu’aux célibataires, couples sans enfants et retraités. Je veux pouvoir rentrer bourrée (pardonnez l’expression) et m’endormir toute habillée sans avoir à me justifier sur mon état ou à penser à la morale (attention, l’alcool se consomme avec modération, mais des fois je glisse et j’oublie…)

Je vous entends déjà !  » Oh la la, elle n’a pas de mec !  » Mais si j’en ai un, mais il m’a trouvée égoïste, donc il fait avec ! Ceux qui ont essayé de me façonner à leur image, de me changer, ont été virés sans préavis. Je suis sauvage, on ne m’apprivoise pas, on m’accepte ou on s’en va! Oui je le répète encore: je suis égoïste. Pourtant, au risque de vous surprendre, mon amoureux est un homme plutôt heureux et je suis une femme aimée, comblée et amoureuse.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          On profite ensemble et séparément de la vie. On ne ressent pas le besoin d’être toujours collés l’un à l’autre. Et pourtant nous sommes fusionnels. Comment ? On parle d’une même voix, on finit les phrases de l’un ou l’autre. On rigole des mêmes choses et des fois, voire souvent on part dans des fous rires sans parler, au risque de passer pour des dingos. On s’amuse, on se projette mais doucement, pas de plans sur la comète ! Quand nous sommes ensemble le reste ne compte pas. Nous devenons égocentrés.                                                                                                                                                                                                                                                                                       Le mariage ? Pour quoi faire ? Je suis croyante et au sens propre de la religion catholique, Jésus considérait comme étant mariés ceux qui fondaient un foyer avec ou sans enfant (c’est l’Eglise qui a introduit cette notion de mariage par le sacrement devant les Hommes et non plus seulement devant Dieu). Le temps de rentrer dans les rangs viendra peut-être ou pas. Je n’ai pas besoin de dépenser une fortune pour inviter des personnes à célébrer l’amour que je porte à mon chéri. Et puis l’organisation d’un mariage est une source de frustrations et c’est déjà faire des concessions sur les invités et ménager les susceptibilités des uns et des autres. Ne soyez pas hypocrites ! Sa mère vous ne l’aimez pas, vous supportez tout juste son père, sa sœur est une pimbêche, son cousin un gros lourd et ses grandes tantes… (Vous ne voyez même pas l’intérêt de les inviter à la noce, mais sa mère l’a exigé parce que  » patati et patata « … Ça y est, elle commence à s’immiscer insidieusement dans votre vie de couple). Je vous rassure ma   » belle famille  » est heureusement formidable. En définitive, le mariage est pour moi une formalité administrative, une défiscalisation !

Résumons : je suis égoïste, aucune envie d’enfant, célibataire et fière de l’être, anti-mariage et pas romantique pour un sous.

 

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Au final, ai-je des qualité s? Ce n’est à moi de répondre à cette question. Tout ce que je peux vous affirmer, c’est que j’aime ma mère plus que tout au monde (c’est l’amour de ma vie), je chéris ma petite sœur, je vénère ma grand-mère. Et ma famille, mes amies et amis sont mon oxygène.

Gros avantage d’être considérée comme une anomalie, je suis disponible (car pas de contrainte) pour les personnes dans le besoin, ceux qui ont besoin d’aide, 24 h/24 et 7 j/7.

Pour vous je ne suis pas normale mais à part les personnes épanouies et radieuses dans leur vie (et je n’en ai pas croisées beaucoup), je ne considère pas comme normales des personnes qui s’enferment dans des schémas de vie imposés, des personnes qui veulent faire comme tout le monde comme le dicte la société mais qui au fil du temps, décrépissent, deviennent aigries, envieuses et jalouses.

Ma vie c’est ma notion de la liberté. Personne ne peut me dicter ma conduite et mon chemin… Je prends les routes qui me plaisent même si certains me font des reproches et voudraient que je rentre dans le moule. Comme on dit chez moi :   » dèyè do mwen sé an gwan péyi  » (littéralement  » derrière mon dos est un grand pays « ) ou plus communément,  » les chiens aboient, la caravane passe « .

 

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« La liberté est de s’aimer et de croire en soi ».

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Toussaint-Fête des Morts versus Halloween: quand les traditions se perdent…

Petit billet d’humeur: pourquoi devons nous absolument importer toutes les fêtes venues de l’étranger qui n’ont aucune signification pour nous, que ce soit sur le plan religieux, personnel ou historique. Sommes nous tant que ça en mal de célébration? Où est passée la tradition, où est la plus value d’une énième fête païenne? Encore une raison de faire la fête… Les Martiniquais ne sont pas aussi déprimés qu’il faille leur donner encore une raison de festoyer bêtement sans même connaitre l’origine de la fête en question!

 

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La Toussaint célébrée le 1er Novembre et la Fête des Défunts célébrée le 2 Novembre (jour chômé en Martinique, un férié local) sont avant tout des célébrations religieuses catholiques qui pour l’une glorifie tous les Saints (ce n’est pas une fête chrétienne), les Catholiques fêtant les apôtres et les martyrs morts pour leur foi et pour l’autre honore les disparus. En Martinique il s’agit d’ une période de recueillement et de rassemblement pour fêter les saints du panthéon catholique et les défunts.

 

 

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Après la messe du 1er novembre, la fête des morts se déroule dans une ambiance festive. Les cimetières font peaux neuves les jours précédents (travaux de ravalement, peinture, petites réparations…) et se parent de leurs plus belles couleurs, de fleurs (plantées dans du sable: dengue et chikungunya obligent, il faut absolument éviter la prolifération de moustiques) et de bougies pour commémorer les disparus. C’est un temps joyeux qui permet de se remémorer ceux qui nous ont quitté, leur vie, les moments partagés et le vide laissé par leur disparition. Les familles se rassemblent toutes générations confondues.

 

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Il n’y a pas de pleurs, pas de tristesse dans les allées des cimetières, mais des chants, des récits, des rires et des enfants qui courent en faisant des batailles de « caca bougie » (la cire chaude coulant des bougies est récoltée, roulée en boulettes, projetées sur les copains et les cousins…. Et ça fait mal, souvenirs d’enfance douloureux et de bosses en tout genre)… Et c’est cela la tradition!                                                                                                                Les marchands ambulants vous attendent à l’extérieur pour vous vendre sinobols « snow ball en anglais » (boules de glace pilée arrosée de sirop de grenadine, menthe, orgeat, etc…), eaux, jus, cornets de pistaches, sorbets locaux et autres grignotages.

Cette tradition est belle et à la fois mystico-religieuse et magique et décuple l’imagination des plus jeunes!

Malheureusement  cette période est de plus en plus supplantée par Halloween (cette fête venue du froid). Même si à l’origine Halloween est une fête anglo-celte chrétienne, elle est devenue au fil du temps une fête païenne, commerciale. « All Hallows Eve » (the eve of all saints’day), veillée de tous les saints se déroule la veille de la Toussaint, le 31 Octobre au Royaume-Unis, au Canada, aux Etats-Unis et en Nouvelle Zélande.

 

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La tradition anglo-saxonne veut que les enfants se déguisent avec des costumes effrayants en demandant des bonbons de porte à porte. Les maisons sont décorées avec des ornements sur le thème, des citrouilles transformées en lanterne (issue d’une légende irlandaise). La soirée s’égrène au fil des feux d’artifice, de joie, d’histoires d’épouvante, de contes et de diffusion de films d’horreur.

Ne voilà t-il pas que cette fête qui n’est en rien française et encore moins martiniquaise a débarqué en Martinique (car oui pour moi, il s’agit d’une invasion) depuis environ 5 ans à grands renforts de soirées déguisées! Souffririons-nous d’un tel manque de personnalité que nous avons besoin d’importer les fêtes païennes des autres? Le carnaval n’est pas suffisant? Réveillons-nous, ouvrons les yeux, tout se perd à commencer par nos traditions! A quand Thanksgiving en Martinique?

 

S’il s’agit d’un besoin constant de célébrations, nous entrons dans la période des « chanté noël » et là je n’en voudrais à personne de sortir tous les week-end pour s’égosiller sur des chants à la fois pieux et profanes! On célèbre la venue du Christ de façon très festive dès le lendemain de la Fête des Morts jusqu’au jour de Noël, un avent local entre chants (rassemblés dans un recueil appelé cantique), repas, orchestre et rassemblements amicaux…

 

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Alors de grâce laissez Halloween pour les autres, la Martinique est suffisamment riche en évènements, fêtes, célébrations traditionnels qui bon gré malgré traversent les siècles, l’histoire et résistent encore aux invasions festives vides de sens…

 

 

 

Ile aux fleurs amères : mon «paradis»

LE PARADIS PERDU ?

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Chez moi, c’est mon paradis. Certes pas idyllique, mais c’est le mien! Une île de l’archipel des petites Antilles, baignant entre la mer des Caraïbes et l’océan Atlantique. Une île soumise aux aléas climatiques (séismes, volcanisme et cyclones). Mais je l’aime mon île, car j’ai appris à vivre avec ses épées de Damoclès, à m’y préparer et ne plus en avoir peur. Plages de sable blanc ou noir, forêts tropicales, rivières, elle est belle la carte postale…

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Pourtant, mon île va mal, mon île est malade.

Premier symptôme:

 La violence (violences faites aux femmes, violences corporelles avec et sans arme, braquage, meurtres, phénomènes de gang, trafic de drogue…). La violence c’est au quotidien, pour un geste, un regard, une parole. Il n’y a plus de respect d’autrui, il n’y a plus de devoirs… Tous les coups sont permis. L’oisiveté est la mère de tous les vices. Le citoyen lambda ne peut plus se promener dans la rue avec ses bijoux en or (le bijou en or a toujours tenu une place importante dans les familles martiniquaises, car il se transmet de génération en génération: bijoux entre 18 et 24 carats, représentants la biodiversité et les traditions locales), au risque de se faire agresser sauvagement pour un collier, une boucle d’oreille… Le phénomène s’est aggravé avec les cours de l’or qui se sont envolés et la possibilité pour les particuliers de vendre leur or à des professionnels mais sans justificatifs d’identité, ni d’appartenance du bijou. Devant un tel phénomène exacerbé par une crise qui n’en finit pas, les autorités préfectorales ont décidé de règlementer les conditions de vente et rachat d’or.

Par ailleurs, la Martinique est une plaque tournante de la drogue, un carrefour entre l’Amérique latine, les Etats-Unis et l’Europe: tous les trafics s’y retrouvent: cocaïne, crack, cannabis, armes, animaux exotiques, etc.

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Les violences se vivent au quotidien même si la Martinique n’est ni Mexico, le Bronx ou autre ville du monde réputée ultra violente. Toutefois, le phénomène ne fait que s’accroître au fil des années et ne semble pas trouver de solutions adaptées. La police, la gendarmerie, les pouvoirs publics et autres autorités compétentes font leur travail, ont des réussites mais à mon humble avis, restent dépassés par les évènements toujours plus violents et plus rapides.

Mon plus grand regret est la suppression du service militaire qui cadrait les jeunes, leur apprenait les droits et devoirs des citoyens et à devenir des hommes responsables. Il n’y a plus de cadre, plus de règles et tout le monde ignore la loi!

 Deuxième symptôme:

Le chômage (à mon avis le pire de tous, car insidieux) qui atteint près de 30 % de la population active. Conseillère en insertion professionnelle, c’est mon quotidien. Je pourrais en écrire des pages sur ce sujet, dire où sont les torts (ils sont malheureusement de tous les côtés: politiques, entreprises, chômeurs, système éducatif…), mais je développerai ce thème dans un autre article. 

Le chômage n’est pas une fatalité, mais il est viscéral et pernicieux, il s’est banalisé autant que la crise, les fermetures successives et toujours plus nombreuses des entreprises, le choix d’emplois devenus alimentaires et celui de formations mal adaptées au marché de l’emploi, n’ayant aucun débouchés!

Demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an au 31 décembre 2013

en nombre, en %
Au 31 décembre 2013
Martinique Martinique/France (en %)
/// : absence de donnée due à la nature des choses.
Données brutes.
Champ : DEFM catégorie A, B, C.
Sources : Pôle emploi ; Dares.
Hommes (en nombre) 11 318 1,0
Moins de 25 ans (en %) 7,4 ///
25 à 49 ans (en %) 59,1 ///
50 ans ou plus (en %) 33,6 ///
Femmes (en nombre) 16 415 1,5
Moins de 25 ans (en %) 6,4 ///
25 à 49 ans (en %) 62,2 ///
50 ans ou plus (en %) 31,3 ///
Total (en nombre) 27 733 1,2
Moins de 25 ans (en %) 6,8 ///
25 à 49 ans (en %) 60,9 ///
50 ans ou plus (en %) 32,2 ///


Troisième symptôme et non le moindre:

L’éducation, qu’elle soit parentale ou institutionnelle.

Car il n’y a plus de valeurs, il n’y a plus de volonté des parents et des professeurs et il n’y a plus de vocation professorale (beaucoup font ce métier pour la sécurité de l’emploi)!

Je me souviens de ces maîtresses et professeurs qui nous réprimandaient et nous tapaient sans pour autant qu’on parle de violence. Je me souviens des « volées » de cuillères en bois et autres balais de mes parents, ma grand-mère et autres adultes qui par automatisme et crainte représentaient l’autorité… Et pourtant ma génération n’a pas fini mal, nous n’avons pas » viré » psychopathes; nous nous portons même plutôt bien et nous battons chaque jour pour porter fièrement les couleurs de notre île et transmettre à notre tour les valeurs que l’on nous a inculquées (tolérance, savoirs, connaissances, respect, culture, humanité, etc.)


L’éducation à l’heure actuelle, c’est juste apprendre ce qui est inscrit dans les livres sans savoir si les jeunes ont compris les enseignements et pourront les transmettre à leur tour….

En Martinique, on se contente du basique et on ne cherche pas à préparer la future élite, ni des jeunes qui pourront s’insérer dans la vie active. Le programme régional de formation est immuable et indécrottable, il ne s’adapte définitivement pas (ou très rarement, dans l’urgence) aux réels besoins du territoire. Les mêmes sempiternelles formations déjà prédestinées qui feront de toi, selon ta filière choisie, une secrétaire en tout genre, un maçon, un électrotechnicien certes diplômés mais au chômage. Mais ne parlons même pas des formations généralistes de l’université qui souvent débouchent sur des diplômes qui ne vous mèneront à aucun métier concret sinon à celui de chômeurs professionnels si vous ne vous réveillez pas à temps et si tant est que ce soit un métier!

Population de 2 ans ou plus par scolarisation, sexe, âge et lieu d’études

Sexe: Tout confondu

Non scolarisés Commune de résidence Autre commune du département de résidence Autre département de la région de résidence Autre région en France métropolitaine Autre (Dom, Com, étranger) Ensemble
Source : Insee, RP2011 exploitation principale.
2 ans 3 333 1 073 244 0 3 1 4 654
3 ans 309 3 519 791 0 3 22 4 644
4 ans 101 4 044 771 0 8 3 4 926
5 ans 70 3 843 930 0 7 16 4 868
6 à 10 ans 360 20 868 4 897 0 45 56 26 226
11 à 14 ans 330 16 222 5 104 0 56 48 21 760
15 à 17 ans 794 7 229 8 475 0 151 30 16 680
18 à 24 ans 17 047 4 932 10 292 0 168 55 32 494
25 à 29 ans 17 784 316 821 0 32 17 18 971
30 ans ou plus 246 794 695 740 0 56 18 248 303
Ensemble 286 924 62 740 33 066 0 530 266 383 526

Sexe : Hommes

Non scolarisés Commune de résidence Autre commune du département de résidence Autre département de la région de résidence Autre région en France métropolitaine Autre (Dom, Com, étranger) Ensemble
Source : Insee, RP2011 exploitation principale.
2 ans 1 789 534 117 0 0 1 2 442
3 ans 154 1 751 389 0 2 8 2 304
4 ans 49 1 979 379 0 4 2 2 414
5 ans 38 1 909 472 0 4 8 2 431
6 à 10 ans 188 10 503 2 429 0 18 29 13 167
11 à 14 ans 200 8 364 2 496 0 28 24 11 111
15 à 17 ans 447 3 603 4 106 0 83 14 8 252
18 à 24 ans 9 103 2 235 4 754 0 79 29 16 200
25 à 29 ans 7 970 118 272 0 8 5 8 374
30 ans ou plus 108 993 280 235 0 14 10 109 533
Ensemble 128 932 31 277 15 650 0 240 130 176 229

Sexe : Femmes

Non scolarisés Commune de résidence Autre commune du département de résidence Autre département de la région de résidence Autre région en France métropolitaine Autre (Dom, Com, étranger) Ensemble
Source : Insee, RP2011 exploitation principale.
2 ans 1 544 538 127 0 3 0 2 212
3 ans 155 1 768 402 0 1 14 2 340
4 ans 52 2 064 391 0 4 1 2 512
5 ans 33 1 934 458 0 3 8 2 437
6 à 10 ans 172 10 364 2 467 0 28 27 13 058
11 à 14 ans 131 7 858 2 608 0 29 24 10 649
15 à 17 ans 347 3 627 4 370 0 68 16 8 427
18 à 24 ans 7 944 2 697 5 538 0 89 26 16 294
25 à 29 ans 9 814 198 549 0 24 12 10 597
30 ans ou plus 137 801 415 505 0 42 8 138 770
Ensemble 157 992 31 463 17 416 0 290 136 207 297

PETIT OU GROS COUP DE GUEULE:

Pour une île si belle à vocation touristique et à faire paraître au patrimoine mondial de l’Unesco des sites remarquables, la Martinique recule sur la question environnementale.

Différents scandales environnementaux ont secoué l’île, liés au chlordécone (pesticide interdit aux États-Unis depuis 1976 et par la suite en France, mais autorisé en Martinique jusqu’aux années 90; apparemment la Martinique n’était pas la France)  qui a pollué les terres et les rivières pour des siècles, privé les pêcheurs de certaines denrées (langoustes et crustacés interdits à la vente); aux sargasses (algues invasives) qui empêchent la baignade sur beaucoup de plages (l’une des principales attractions touristiques étant nos belles plages), dont la décomposition qui dégage de l’hydrogène sulfurée (gaz toxique à forte dose) entraîne des malaises et de nombreux dégâts matériels. Les autorités gèrent cette crise au jour le jour sans perspective d’avenir ni anticipation.

Et non content de ce passif déplorable, ne voilà t-il pas que le mardi 4 novembre sous prétexte de péril imminent, le préfet a décidé de couler par 3 000 m de fond et à 30 km de la côte caraïbe (au large du Prêcheur) dans une réserve marine, Le Cosette, un bateau poubelle transporteur de déchets dangereux (soi-disant vidé de toutes substances toxiques), qui croupissait depuis 4 ans dans le port de Fort-de-France (abandonné avec son équipage par son propriétaire et son armateur). Que dire de cette aberration révoltante et de ce mépris de l’environnement et des conséquences dramatiques que cela engendrera dans le futur. (Nous reviendrons ultérieurement sur Le Cosette dans un autre article).


Enfin… Mon île est malade, sa population n’est guère mieux mais elles se soignent avec plus ou moins de succès !


Chez moi n’est plus le paradis d’avant, mais mon île et ses jeunes tentent tous les jours d’avancer et d’apporter leur pierre à l’édifice et de faire de cette région française perdue dans l’océan Atlantique, un territoire viable et vivable pour une population qui bien que désabusée, continue d’espérer à chaque lever du Soleil.

Martinique: « Incursion Sargassum… » Catastrophe annoncée, l’invasion n’aura pas lieu (constat, gestion et prévisions).

Depuis quelques mois, population et autorités locales se trouvent démunies et désarçonnées face à l’arrivée massive des algues Sargasses poussées vers nos côtes par les courants marins.

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EXPLICATIONS

Les sargasses (sargassum ou algues brunes) sont des plantes flottantes qui se déplacent au gré des courants marins en provenance de la Mer des Sargasses (Océan Atlantique) qui s’étend sur 3 millions de km², ceinturée par le Gulf Stream à l’Ouest, la Dérive nord atlantique au Nord et le Courant des Canaries à l’Est. Elles constituent un habitat et un refuge pour un certain nombre d’invertébrés et de vertébrés marins souvent uniques. Il s’agit d’espèces invasives.
Pour le Professeur Pascal SAFFACHE (Géographe) cette invasion est le résultat de phénomènes courantologiques anormaux découlant du dérèglement climatique. De vastes systèmes océaniques tourbillonnaires (gyres) perturbent le déplacement de la masse d’eau qui cerclent la Mer des Sargasses.
Cette mer était déjà décrite du XVe au XIXe siècles comme étant une masse imposante qui détruisait les navires et les ralentissait (récits de navigateurs et d’écrits de Christophe COLOMB).

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LE PROBLEME

A raison minimum d’une marée par jour, depuis le mois de Mai et sans discontinuer, on assiste (impuissant) à une arrivée importante d’algues sargasses sur les côtes martiniquaises et à fortiori sur les plages de l’île.
Cette arrivée n’est pas sans conséquences car les sargasses s’accumulent sur les plages et forment un amas visqueux et à la longue nauséabond. Un amas souvent tellement compact qu’il empêche d’accéder à la plage et de profiter de la mer, car en stagnation.

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Ce sont les algues en décomposition qui sont un danger pour l’Homme et autre espèce animale, car elles libèrent de l’hydrogène sulfuré. C’est un gaz incolore toxique qui pénètre dans les voies respiratoires, composant naturel du pétrole, à odeur caractéristique d’œufs pourris. Il se dégage des matières organiques en décomposition. Ce gaz provoque: des intoxications aiguës lors d’une exposition de courte durée (troubles respiratoires, rhinites, enrouements, toux, douleurs thoraciques, irritations oculaires, conjonctivites, gêne à la lumière vive, vertiges, céphalées, œdème aigu du poumon, pertes de connaissance, nausées), des intoxications chroniques lors d’une exposition prolongée (bronchites irritatives, irritations cutanées) et dans les cas les plus graves, une possibilité d’accident mortel très rapide en cas de fortes inhalations.

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Partant de ce constat, l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Martinique recommande aux personnes asthmatiques, aux jeunes enfants et aux femmes enceintes d’être particulièrement vigilants. Des mesures du taux d’hydrogène sont réalisées dans les communes les plus touchées pour connaitre les risques d’exposition.

Une pétition a aussi été adressée à l’ARS car en plus des problèmes de santé découlant de ce phénomène, on constate aussi un risque économique avec des pertes matérielles (oxydation des appareils électroménagers, téléviseurs, ordinateurs, téléphones, etc.)
Un risque économique avéré avec des professions en danger. En effet, nombre d’aquaculteurs exerçant dans ces zones se retrouvent sinistrés. Ils assistent impuissants à la perte de leurs élevages piscicoles (asphyxie des poissons par les algues en décomposition qui entraînent un réchauffement de l’eau et son appauvrissement en oxygène).

Le Ministère de l’Ecologie a été interpellé sur les risques écologiques en découlant (pourquoi ne pas créer un filet pour faire barrage?) Je serai tentée en tant que citoyenne écoresponsable et soucieuse de l’environnement, de rajouter un filet adapté ne représentant pas un danger pour les espèces animales marines.
Les écosystèmes sont aussi en danger. Un danger croissant pour les Mangroves qui sont des zones de vie, de nurserie et de reproduction pour de nombreuses espèces.

 

REACTIONS ET SOLUTIONS D’URGENCE

Le phénomène s’accroissant ces dernières semaines et partant de ce constat les autorités ont décidés de prendre le problème à bras le corps, en offrant les services de l’Etat.
Ainsi, la Préfecture et le Conseil Régional lors de réunions organisées en septembre, ont décidé de débloquer 350000€ pour le ramassage, le traitement et la valorisation de ces déchets organiques, d’autant plus que dans de nombreuses communes l’enlèvement manuel (employés municipaux et volontaires) ou mécanisé des algues se fait au gré des marées.

[En Guadeloupe, le ramassage et le traitement sont coordonnés par la Préfecture, la DEAL (Direction de l’Environnement, l’Aménagement et du Logement) et l’ARS. Ainsi un recensement des communes touchées a été effectué par l’association des Maires. Les Services de l’Etat assurent le suivi de ces communes, ainsi qu’une veille satellitaire afin de prévoir les arrivées d’algues. Il est recommandé des faire sécher les algues. Le traitement et l’élimination sont exécutés par une entreprise « Sita Verde » qui est une plateforme de compostage pouvant traiter une à cinq tonnes d’algues par jour.]

 

MANNE ECONOMIQUE SOUS-EXPLOITEE

Les années précédentes, la Martinique avait aussi été touchée par cette invasion mais une invasion pondérée et ponctuelle qui n’avait pas entrainée de telles situations complexes.
Cependant il est regrettable aux vues des expériences passées de ne pas avoir anticipé un tel phénomène et de ne pas avoir su créer toute une filière écologique et économique (certes ponctuelle: concept à étudier) qui aurait pu prévenir, traiter et valoriser ces déchets.

D’autres îles ont su tirer partie de cette manne inespérée. Par exemple à la Dominique (île voisine de la Martinique), les sargasses sont utilisées sous forme séchées pour être consommées comme légumes ou en sirop, fort délicieux (expérience vécue sur le Marché de Roseau, capitale de ce petit coin de paradis: recommandation pour les globe trotteurs qui comptent y aller).

Il s’agit aussi d’un phytosanitaire biologique, que les anciens ou certains connaisseurs utilisent comme engrais naturel, comme compost (une fois les algues lavées, dessalées et séchées: avant ont les mettaient sur les arbres pour que la pluie les lavent et les dessalent et quand elles tombaient à terre, elles étaient prêtes à l’emploi).
Une aubaine pour les agriculteurs martiniquais qui sont invités à les récupérer gracieusement avant que les algues ne soient évacuées vers les décharges où elles sont détruites et qui réalisent ainsi une économie substantielle sur leur budget mensuel d’engrais. Hormis le fait que les sargasses soient un engrais naturel, ce sont aussi un insecticide et un fongicide naturels.
Les algues fraîches sont aussi utilisées en phytothérapie et en cosmétologie (elles seraient bénéfiques pour la peau).

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En définitive, il n’appartient qu’à notre population et à nos autorités (dans un futur, espérons proche) de faire émerger une nouvelle source d’emploi et de mise en valeur de l’environnement qui éviteraient à l’avenir une situation qui semble actuellement inextricable; s’aggravant au fil des jours qui s’écoulent comme les courants marins ramenant des algues invasives mais au final bénéfiques si des filières adéquates s’organisent.